Hier, j’ai assisté à une scène de drague catastrophique.
Depuis ma terrasse.
Je lisais tranquillement quand je lève les yeux.
Sur l’antenne télé de l’immeuble d’en face : trois pigeons.
Un au milieu. Une pigeonne à droite. Une autre à gauche.
Celui du milieu avait manifestement un plan.
Torse gonflé. Petit pas de côté. Roucoulement de gros lourd.
Il s’approche de celle de droite.
Elle s’envole.
Il reste là une seconde.
Puis il tourne la tête vers moi.
Je vous jure qu’il avait le regard du mec qui vient de se prendre un râteau et cherche un témoin compréhensif.
Alors il se tourne vers celle de gauche.
Et là, il la rejoint avec une démarche complètement chelou.
Un peu Caius Pupus dans « Les 12 Travaux d’Astérix », pour ceux qui ont la réf.
Dodelinement de la tête.
Torse gonflé.
Surconfiant, le pigeon !
Elle s’envole aussi.
Il me regarde à nouveau.
J’avais devant moi un gros lourdo qui venait de se prendre deux vents et cherchait un peu de compassion.
Je rentre raconter ça aux enfants en regrettant de ne pas avoir filmé.
Alors on a refait la scène.
Chacun son pigeon. Chacun son roucoulement. Chacun son interprétation.
Dix minutes de fou rire.
J’étais sorti lire de la poésie.
J’en ai finalement trouvé sur une antenne télé.
