Chaque matin, à 8 h 25, il y a des grappes de petits vieux sur les parkings des Intermarché, des Champion et des Super U de France.
Ils attendent devant les portes encore fermées, le chariot déjà en main, comme si quelque chose d’essentiel allait se jouer à l’ouverture.
Je les ai toujours regardés avec tendresse, sans vraiment comprendre cette urgence.
Et puis ce matin, à 8 h 25, j’ai retrouvé mes enfants devant la piscine du camping.
Collés à la grille.
Les bras croisés.
Scrutant le maître-nageur qui tardait à ouvrir.
Et j’ai découvert les petits vieux qui se cachaient déjà dans leur corps.
On change d’âge.
On change de porte.
Mais au fond, on reste tous quelqu’un qui attend impatiemment qu’on le laisse entrer.
